Le Vin de mon Père : l'hommage vinifié de Laurent Dulau, directeur général de KAVIAR

Le Vin de mon Père : l'hommage vinifié de Laurent Dulau, directeur général de KAVIAR

Il y a des vins qui racontent une histoire. Il y a des vins qui racontent une vie. Le Vin de mon Père de Laurent Dulau appartient à cette deuxième catégorie. Derrière cette étiquette dessinée à la main, derrière ce cabernet sauvignon élevé “sans électricité” dans la  propriété familiale du Béarn, se cache un personnage hors du commun : œnologue de formation, ancien directeur de recherche dans le secteur de la biotechnologie viticole, et aujourd'hui directeur général de KAVIAR, le groupe à l'origine de la marque de caviar français Sturia — dont les sélections garnissent les tables des plus grands chefs étoilés du monde et la Première classe d'Air France.

Un homme du caviar qui fait du vin de garage. 

Un scientifique qui vinifie “au seau”. 

Un fils qui perpétue l'œuvre d'un père disparu. 

Vinodelice a eu la chance de rencontrer Laurent Dulau en exclusivité pour revenir sur son parcours, son rapport au terroir béarnais et la philosophie qui guide chaque millésime du Vin de mon Père — une cuvée confidentielle et sincère, désormais disponible sur notre plateforme.

Un rêve de gosse, deux thèses et une vie dans le vin

Avant d'être l'homme qui préside aux destinées du premier producteur  de caviar français, Laurent Dulau a été un passionné de vin — passionné depuis l'enfance, hanté, comme il le dit lui-même, par le rêve de devenir un jour producteur. Ce rêve, il a mis du temps à lui donner forme. La vie en a décidé autrement, au moins dans un premier temps.

Il mène de front deux thèses : une en biologie moléculaire, l'autre en œnologie, sous la direction du prestigieux Denis Dubourdieu, figure tutélaire de la viticulture bordelaise et l'un des grands noms de l'œnologie mondiale. De cette formation double naît une sensibilité rare : comprendre le vin à la fois par le vivant et par la chimie.

Il intègre ensuite une société spécialisée dans la biotechnologie viticole — levures, bactéries, enzymes — et en devient directeur de recherche. Le métier le conduit aux quatre coins du monde en tant que flying winemaker, conseiller des propriétés les plus diverses. Une carrière brillante, internationale, mais qui ne comble pas entièrement ce désir originel : faire son propre vin, sur sa propre terre.

Un projet père-fils, une vigne replantée, une histoire qui commence

Tout bascule au tournant des années 2000. Laurent et son père prennent conscience qu'ils passent leur vie à côté l'un de l'autre, sans jamais véritablement partager quelque chose. Leur complémentarité, pourtant, est évidente : le père est un homme de la terre, vigneron dans l'âme, rompu aux secrets de la viticulture. Le fils, lui, est le chimiste — celui qui sait ce qui se passe dans la cuve, dans la barrique, dans le verre.

En 2000, ils replantent ensemble le vignoble familial, sur la propriété où le père de Laurent est né. Une parcelle d'argilo-calcaire en terrasse, exposée plein sud-sud-est face aux Pyrénées occitanes, à Salies-de-Béarn. Un demi-hectare de tannat, un demi-hectare de cabernet sauvignon. “C'est modeste. C'est familial. C'est sincère”.

Vingt-six ans plus tard, le père est parti. Mais Le Vin de mon Père est toujours là — témoin d'une transmission, gardien d'un partage de valeurs entre un fils et un père qui ont travaillé la terre ensemble et créé quelque chose de durable.

Salies-de-Béarn : un terroir confidentiel, un potentiel réel

Le Béarn n'est pas la première région qui vient à l'esprit lorsqu'on pense aux grands vignobles français. C'est précisément ce qui rend la démarche de Laurent Dulau intéressante. L'AOC Béarn existe, mais elle impose dans son cahier des charges un assemblage entre cabernet sauvignon et tannat. Or Laurent a choisi de ne travailler qu'avec le cabernet sauvignon — 100 % pur — pour produire son  Cab-Sauv.

Ce choix le contraint à renoncer à l'appellation et à commercialiser son vin sous la mention Vin de France. Une décision assumée. L'AOC Béarn, dit-il sans détour, n'est pas encore suffisamment reconnue pour représenter un réel levier commercial. Être Vin de France dans le Bordelais, où les appellations sont des sésames, serait une vraie prise de risque. À Salies-de-Béarn, c'est simplement le choix de la liberté et de la cohérence.

Le vignoble est aujourd'hui entretenu par la famille Lamazou, des voisins et compagnons de travail dont Laurent souligne l'importance avec gratitude : sans eux, dit-il, le projet serait impossible à maintenir compte tenu de ses autres engagements professionnels. Les frères Lamazou exploitent une dizaine d'hectares dont ils apportent les raisins à la cave coopérative de Belloc — une organisation locale, collective, profondément ancrée dans le territoire.

Un vin de garage, au sens le plus noble du terme

Le terme "vin de garage" a parfois été utilisé avec une certaine condescendance. Pourtant, à Bordeaux — et particulièrement à Saint-Émilion — il désigne avant tout une approche artisanale, ultra-précise et indépendante du vin. Des cuvées produites en très petites quantités, souvent dans des chais modestes, avec un niveau d’exigence extrême. Certains des plus grands vins contemporains de la rive droite sont d’ailleurs issus de cette philosophie.

Laurent Dulau l’assume pleinement, et le revendique même avec humour. Chez lui, ce n’est pas un positionnement marketing : c’est une réalité technique et philosophique.

La vinification se fait intégralement sans pompe, par gravité ou au seau. Les cuves sont des barriques de 400 litres dont Laurent a retiré le fond pour créer des open tanks. Le pigeage est manuel, à la bourguignonne. Le pressoir est celui du grand-père, restauré. Zéro filtration. Zéro intrant — à l'exception d'une levure sélectionnée (Laurent ayant consacré une partie de sa carrière à leur étude , il ne saurait être dogmatiquement anti-levure) et d'une bactérie pour la fermentation malolactique en barrique.

La macération dure une dizaine de jours. Le vin est ensuite élevé deux ans en barrique — non  neuves — avant d'être mis en bouteille. Laurent attend encore avant de commercialiser : les vins arrivent sur le marché environ quatre ans après la récolte, au moment où leur buvabilité atteignent selon lui leur meilleur moment .

➡️ Astuce Vinodelice : pour révéler pleinement toute la complexité aromatique du Vin de mon Père, vous pouvez le décanter environ une heure avant le service. Mais si vous souhaitez profiter du vin sans attendre, l’Aerovin est l’allié idéal : en quelques minutes seulement, il accélère l’ouverture du vin, libère les arômes et assouplit la texture, comme après une longue aération en carafe.

Le profil du vin : un cabernet sauvignon d'une précision remarquable

Le millésime 2020 illustre particulièrement bien l'identité du Vin de mon Père. L'année a été généreuse, ensoleillée, propice à une belle maturité phénolique — cette maturité des pépins, la plus difficile à atteindre, qui donne des tanins souples malgré leur intensité.

Au nez, on retrouve les notes typiques du cabernet sauvignon, appelées pyrazines — ces arômes végétaux nobles qui rappellent le poivron, les herbes fraîches ou certaines épices. Mais ici, elles s’expriment dans leur version la plus séduisante : non pas le poivron vert astringent des vins immatures, mais le poivron rouge grillé, huilé, servi à l'apéritif. Autour de ce marqueur variétal, des notes de groseille perlée et de cerise noire viennent compléter le tableau.

En bouche, la structure est là — dense, précise, sans défaut — mais toujours au service de la buvabilité. Laurent parle d'une finale umami, de cette sensation qui fait saliver et invite à reprendre un verre. C'est la marque de fabrique qu'il cherche dans chaque millésime : de la générosité, de l'élégance, et cette rondeur qu'il revendique comme une signature personnelle.

La production n'est pas annuelle. Les aléas climatiques ont parfois interrompu les récoltes : 2022 a été perdue au gel, tout comme 2020 et 2021 dans un premier temps. Les années où la récolte est possible, elle se fait à la main, entre amis, lors de vendanges collectives qui finissent en grande tablée, guitare et chansons incluses.

Des restaurants étoilés à votre table

Ne vous y trompez pas : ce vin de garage artisanal se retrouve dans des établissements très sélects. Laurent cite avec fierté la maison Guérard, qu'il qualifie de nec plus ultra. Il mentionne également le caviste Yves Durand et ses clients en restauration étoilée, qui apprécient précisément ce que le vin propose : une personnalité franche, un fruit impeccable, des tanins digestes.

C'est aussi, et peut-être surtout, un vin de table. Au sens le plus convivial du terme. Il accompagne parfaitement la volaille, le porc, et s'épanouit remarquablement avec la venaison. Un vin qui passe du bistrot à la table étoilée avec la même aisance que son créateur passe du caviar d'exception au pressoir de son grand-père.

➡️ L'accord Vinodelice : tentez Le Vin de mon Père avec une pintade rôtie aux champignons sauvages — la rondeur du fruit et la finesse des tanins subliment les notes terreuses du plat.

FAQs – Tout savoir sur Le Vin de mon Père de Laurent Dulau

Où est produit Le Vin de mon Père ?
Le vin est produit à Salies-de-Béarn, dans le Pays Basque français, sur une propriété familiale transmise de génération en génération. Le vignoble, exposé sud-sud-est face aux Pyrénées occitanes, est planté sur des sols d'argilo-calcaire en terrasse.

Quel cépage utilise Laurent Dulau ?
Le Vin de mon Père (commercialisé sous le nom  Cab-Sauv ) est élaboré à 100 % en cabernet sauvignon. Ce choix de pureté variétale est la raison pour laquelle le vin est classé Vin de France plutôt qu'en AOC Béarn, qui impose un assemblage avec le tannat.

Le Vin de mon Père est-il un vin de garde ?
Oui. Des dégustations verticales ont montré que le vin tient très bien dans le temps, avec des millésimes comme 2009 et 2010 qui restent remarquables. Cela dit, Laurent commercialise ses bouteilles quatre ans après la récolte, au moment où elles sont déjà très accessibles et plaisantes à boire.

Un vin qui ressemble à celui qui le fait

Il y a quelque chose de profondément cohérent dans la démarche de Laurent Dulau. Un homme qui consacre sa vie professionnelle à l'excellence — celle du caviar français, du luxe éthique, du produit d'exception — et qui, le week-end venu, retrousse ses manches pour vinifier au seau dans la grange familiale du Béarn. Deux mondes en apparence opposés, qui partagent en réalité les mêmes valeurs : le soin du terroir, le respect du vivant, la transmission.

Le Vin de mon Père n'est pas un vin de communication. C'est un vin de conviction. Rond, généreux, précis, il porte en lui l'histoire d'un fils et d'un père qui ont décidé, un jour de l'an 2000, de planter des vignes ensemble. Et de faire quelque chose qui dure.

 


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